D'où vient la commune
Une page d'histoire
La Plaine des Palmistes n'a pas toujours existé. Il a fallu une route, des concessions de terres, une paroisse, puis cinquante ans de patience avant qu'elle devienne une commune, en janvier 1899.
Avant le village
Au XVIIIe siècle, la Plaine n'est traversée que par des chasseurs et des fugitifs. Ce qui s'y échange, ce sont des titres de propriété : en 1749, une concession de terrains entre la ravine Sèche et celle de Saint-François est accordée à un certain Le Tort, qui ouvre vers 1770 le premier chemin depuis Saint-Benoît : les « rampes Le Tort » portent encore son nom.
En 1796, Hubert de Montfleury fonde un établissement agricole, « Les Sables », à l'ouest de la Plaine. Le chroniqueur Bory de Saint-Vincent, qui passe par là à la fin du siècle, note l'échec de la tentative : à mille mètres d'altitude, sous la pluie, cultiver ne va pas de soi.
Ces origines-là sont connues par des récits plus que par des actes : plusieurs versions circulent, et on les donne ici pour ce qu'elles sont.
Six époques
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de 1749 à 1828
Des terres, pas encore un village
On s'échange des concessions et on trace un chemin. Personne ne s'installe durablement : les premières tentatives agricoles échouent.
5 dates de cette période
- 1749
- Concession accordée à Le Tort, entre ravine Sèche et ravine Saint-François.
- vers 1770
- Ouverture du premier chemin depuis Saint-Benoît, les « rampes Le Tort ».
- 1796
- Hubert de Montfleury fonde l'établissement agricole des Sables. Échec.
- 1816
- Le gouverneur Bouvet de Lozier se dit favorable à la colonisation de la Plaine.
- 1828
- L'ordonnateur Thomas met en chantier la mise en valeur des terres de l'intérieur.
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de 1830 à 1851
Les premiers habitants, puis la loi
Un ancien militaire s'installe avec sa famille ; quatre colons le rejoignent. Vingt ans plus tard, le gouverneur décrète la colonisation et distribue gratuitement les terres, à condition de les défricher et de les cultiver.
5 dates de cette période
- 1830
- Fleury, sa compagne Alexandrine et l'homme qu'ils tiennent en esclavage s'installent, rejoints par quatre colons.
- 1834
- Patu de Rosemont préside une commission d'exploration des plaines des Palmistes et des Cafres.
- 10 mai 1849
- Une commission pose les bases sérieuses de la colonisation.
- 30 août 1850
- Le gouverneur Doret classe le chemin de la Plaine « route nationale » et veut faire du village le grenier à vivres de la colonie.
- 4 novembre 1851
- Décret de colonisation : les terres sont concédées gratuitement, à charge de les défricher et d'y cultiver le caféier moka. Un conseil municipal provisoire de hauts fonctionnaires, les « syndics de la colonisation », administre le lieu.
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de 1857 à 1874
Une paroisse, une agence, une école
Le village se dote de ses premières institutions. Elles sont fragiles : l'agence municipale se déchire, un cyclone ravage les récoltes, et c'est l'administration coloniale qui tranche.
7 dates de cette période
- 6 novembre 1857
- Érection de la paroisse Sainte-Agathe, confiée au père Jean-Pierre Bonneau. La première église est bâtie en 1859.
- 1859
- Première agence municipale, présidée par Richard Adolphe.
- 26 août 1859
- La « localité » devient « district spécial ».
- 22 novembre 1859
- Le lieutenant Textor de Ravisi reçoit l'ordre d'occuper le poste de Sainte-Agathe, au centre du futur village.
- mars 1860
- Un cyclone inonde la Plaine : récoltes ravagées, bétail noyé.
- 1863
- Construction de la première mairie, au premier village : le bâtiment abrite aujourd'hui la bibliothèque. Un médecin, Jacques Brunet, s'installe.
- 4 mai 1874
- Ouverture de la première école primaire.
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de 1875 à 1899
Devenir une commune
L'idée de transformer l'agence en commune naît en 1884. Il faudra quinze ans. Entre-temps, la population baisse : on part chercher du travail ailleurs.
4 dates de cette période
- 1884
- Sous la direction de de Balmann, émerge l'idée de transformer l'agence en commune.
- 1887
- Création du premier poste de garde champêtre, occupé par Alfred Delatre.
- 1894
- Ouverture d'un dépôt central de rhum, et installation d'un poste de télégraphie sans fil.
- janvier 1899
- La Plaine des Palmistes est érigée en commune. Louis Carron en est le premier maire.
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de 1900 à 1945
L'eau, les cyclones et les guerres
Le siècle s'ouvre sur un cyclone. Il se poursuit avec deux guerres, une épidémie et la faim. La commune tient grâce à une ressource : l'eau du Bras-Cabot, vendue dans toute l'île.
5 dates de cette période
- de 1900 à 1950
- La vente de l'eau du Bras-Cabot devient une activité florissante et améliore le sort des habitants.
- de 1914 à 1918
- La Première Guerre mondiale raréfie les denrées de base ; le riz devient rare.
- 1918
- Typhoïde et grippe espagnole frappent la petite communauté. Le maïs remplace le riz.
- de 1923 à 1943
- Se succèdent Bernard Ginet, Marcely Robert, Alfred Caille, Georget Volcy et Aimé Payet.
- de 1943 à 1945
- Premier mandat de Gaston Crochet : captage des sources, distribution d'eau potable, électrification du village, désenclavement de la Petite Plaine.
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de 1946 à aujourd'hui
Département, équipements, village créole
La Réunion devient département en 1946 : la commune entre dans le droit commun, et les équipements suivent : l'eau, l'électricité, puis l'école, la culture, le sport, le logement.
7 dates de cette période
- de 1945 à 1953
- Eugène Rochetaing inaugure la départementalisation.
- de 1953 à 1971
- Second mandat de Gaston Crochet, dont le collège porte aujourd'hui le nom.
- de 1971 à 1989
- Marcel Boissier.
- de 1989 à 2008
- Marc Luc Boyer : Espace culturel Guy Agénor, salle des fêtes des Goménolés, mairie actuelle, installation de la bibliothèque dans l'ancienne mairie, et création de logements.
- de 2008 à 2014
- Jean-Luc Saint-Lambert.
- de 2014 à 2020
- Quatrième mandat de Marc Luc Boyer.
- depuis juin 2020
- Johnny Payet.
Combien d'habitants, et quand
| Année | Habitants |
|---|---|
| 1852 | 1 400 |
| 1865 | 1 665 |
| 1873 | 1 753 |
| 1887 | 1 480 |
| 2023 | 6 936 |
Les quatre premiers chiffres viennent des recensements cités par la page d'histoire de la commune ; le dernier est le recensement de l'INSEE. Entre 1873 et 1887, la Plaine perd près de 300 habitants : les terres concédées ne nourrissent pas tout le monde, et on part. Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que la courbe reparte.
Ce que les noms racontent
« Plaine des Palmistes » vient du palmiste, ce palmier dont le cœur se mange et qui couvrait la plaine avant qu'on la défriche. Il en reste dans les bois d'altitude, et il est protégé.
« Rampes Le Tort » rappelle le concessionnaire de 1749. « Sainte-Agathe » est le nom de la paroisse de 1857, et il désigne encore le quartier de l'église. Les Goménolés tiennent leur nom du gomenol, l'huile de niaouli qu'on y distillait.
Le collège porte le nom de Gaston Crochet, maire qui a amené l'eau potable et l'électricité ; l'espace culturel celui de Guy Agénor ; le stade celui d'Adrien Robert.
Voir ce que l'histoire a laissé
La première mairie de 1863 abrite aujourd'hui la bibliothèque, et l'église Sainte-Agathe est toujours au centre du village. La visite guidée et les panoramas à 360° vous y emmènent.
